Réutilisation des eaux usées en France : une réponse structurée et audacieuse face à la sécheresse

Une démarche concrète et ambitieuse

La France se mobilise pour pallier la raréfaction des ressources en eau. Le plan national « Eau », lancé en 2023, vise à développer 1 000 projets de réutilisation des eaux non conventionnelles (ENC) d’ici à 2027, pour atteindre 10 % de réutilisation des eaux usées traitées (REUT) en 2030, contre moins de 1 % aujourd’hui (voir aquatechtrade.com, citego.org, Wikipédia). Ces initiatives permettront notamment de réduire les prélèvements sur les nappes phréatiques et les cours d’eau, tout en répondant aux besoins agricoles, urbains et touristiques (voir aquatechtrade.com).

Argelès-sur-Mer : projet pilote majeur

Prenant le leadership national, le projet d’Argelès-sur-Mer devient le premier bénéficiaire du fonds hydraulique mis en place par l’État (voir aquatechtrade.com, Smart Water Magazine). Porté par la Communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris et Veolia, il permettra, dès 2026, de réutiliser 1,3 million de mètres cubes d’eaux usées traitées par an — soit l’équivalent de cinq mois de consommation en eau potable pour la région (voir aquatechtrade.com, Smart Water Magazine). L’enjeu ? Préserver les ressources locales et soutenir durablement l’agriculture face aux tensions hydriques (voir Smart Water Magazine).

Vendée : vers une eau potable issue des eaux usées

Autre projet emblématique, le programme Jourdain en Vendée, mené par Vendée Eau et Veolia, innove : une unité de recyclage ultra-technique (Barrel™), inaugurée en novembre 2023, produit d’ores et déjà 1,5 million de m³ d’eau potable par période sèche. Objectif : porter ce volume à 2–3 millions de m³ d’ici 2027, pour couvrir la consommation de 60 000 habitants (voir Veolia+1). Cette solution met en œuvre une technologie de pointe combinant ultrafiltration, osmose inverse basse pression, UV et chloration (voir Veolia+1).

Cadre réglementaire et contexte historique

La réutilisation des eaux usées est encadrée en France depuis 2010 par des dispositions du Code de l’environnement et des arrêtés ministériels, précisant les usages autorisés (irrigation, espaces verts…) (voir Wikipédia, E3S Web of Conferences). Le plan « Eau » a renforcé cet encadrement, en élargissant les usages possibles (nettoyage urbain, lutte contre l’incendie) tout en excluant les usages domestiques directs (sanitaires, alimentaires) pour garantir la sécurité sanitaire (voir Université de Montpellier, E3S Web of Conferences, Wikipédia). Des dispositifs d’accompagnement, tant réglementaires qu’économiques, avoisinent les projets, toutefois confrontés à des défis : la complexité des autorisations, des coûts élevés, et une portée souvent locale (voir Université de Montpellier, citego.org).


La réutilisation des eaux usées est une voie complémentaire aux systèmes classiques – et une piste inspirante vers les générateurs d’eau atmosphérique

Ces initiatives illustrent des réponses techniques efficaces aux pénuries hydriques croissantes. Mais au-delà de la REUT, les générateurs d’eau atmosphérique (AWG) apparaissent comme une solution complémentaire prometteuse, captant l’humidité de l’air pour la transformer en eau utilisable — une technologie particulièrement pertinente en zones arides ou isolées, où les infrastructures traditionnelles font défaut.

À l’instar des REUT, les AWG s’inscrivent dans une démarche circulaire, innovante et résiliente : réappropriation de ressources insoupçonnées (eau de pluie ou d’air) pour répondre à des besoins vitaux. Dans un contexte climatique où la diversification des sources d’eau devient incontournable, combiner réemploi des eaux domestiques et production atmosphérique représente une stratégie polyvalente pour garantir la sécurité hydrique.

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